Originaire de Martinique, je suis un ilien.

La Martinique, c’est un point sur une mappemonde, 1128 km² de terre, à 450 km des côtes vénézuéliennes, 2300 km de la Floride, 4700 km de Dakar la pointe ouest de l’Afrique et 6300 km des côtes bretonnes. Au cœur de l’Archipel des Antilles, entre Mer des Caraïbes et Océan Atlantique, l’isolement géographique de ce département français d’Outre-mer, de sa sœur la Guadeloupe et des autres îles voisines est indéniable.

Cette insularité, le contexte historique et l’environnement avoisinant ont forgé l’identité d’un peuple, certes français, mais avec des spécificités multiples. Les lois françaises et européennes ont également défini un cadre propre, adapté aux régions dites ultrapériphériques (RUP).

De par le monde, des chercheurs ont étudié le fonctionnement des petites îles, riches de leurs diversités et de leurs « microcosmes ». Beaucoup les caractérisent de laboratoires politiques ou économiques. Quels sont leurs spécificités en matière d’économie ? Quels en sont les enjeux ? L’insularité est-elle synonyme d’isolement ? Comment sortir de cet éventuel isolement économique ?

Suite à la crise de Février 2009 aux Antilles, je me pose quelques questions quant aux politiques économiques mises en place dans les petites îles et particulièrement aux Antilles. Le statut d’autonomie, qui y a récemment fait l’objet d’un référendum, n’étant pas une fin en soit, je m’interroge sur les capacités réelles dont disposent les acteurs politiques et les entrepreneurs locaux dans le développement économique de ces îles et dans leur participation à la synergie caribéenne.

Le cas des Antilles françaises, est un cas complexe et riche : relation avec la métropole, relation et échange avec les îles indépendantes du bassin caribéen, statut institutionnel, histoire… C’est dans ce contexte que s’est formé mon identité et celle de bon nombre de personnes dans mon entourage. En tant que futur ingénieur, aspirant à entreprendre dans cet environnement, je me dois de tenter de l’appréhender et de le comprendre.

Il ne s’agira pas de réaliser une analyse exhaustive des systèmes économiques en place, mais simplement, de présenter quelques facettes de ces territoires, en lien avec l’actualité. Dans un premier temps, il s’agira de présenter l’insularité dans son caractère général. Nous nous attarderons, par la suite, sur le cas des Antilles françaises. Nous finirons par une ouverture sur le ressenti des iliens avec le point de vue d’observateurs et les témoignages d’ingénieurs locaux, en lien avec la crise de février 2009, et des pistes pour favoriser le développement économique de ces territoires.

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