Présentation et Historique

Les Antilles françaises sont constituées au total de neuf îles. La plupart de ces îles appartiennent à l’archipel de la Guadeloupe. La Grande-Terre et la Basse-Terre forment le papillon de la Guadeloupe. Terre-de-Haut et Terre-de-bas forment le chapelet d’îles des Saintes. Les deux dernières îles appartenant à l’archipel guadeloupéen sont la Désirade et Marie-Galante. Les îles de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin (ou du moins sa partie française) sont depuis juillet 2007 des collectivités d’outre-mer (COM) à part entière, détachée de la Guadeloupe, suite au référendum du 7 décembre 2003. Enfin, l’île de la Martinique est, tout comme la Guadeloupe, un département d’outre-mer (DOM) et une région française. Les DOM et les COM sont également des régions ultrapériphériques de l’Europe.

Les îles des actuelles Antilles françaises ont été découvertes entre la fin du XVème siècle et le début du XVIème siècle par Christophe Colomb lors de ses voyages vers les « Indes ». Avant cette ère dite « moderne », ces îles ont été occupées par les peuplades amérindiennes Arawak puis Caraïbes qui, plus belliqueux, chassèrent ces premiers. Les espagnoles sont les premiers à occuper les îles puis, les jugeant trop petites et lassés des résistances des indigènes, les abandonnent. Elles seront principalement utilisées comme point de ravitaillement ou pour échanger avec les amérindiens. Les premières colonies seront installées en Martinique et en Guadeloupe pour le compte de la couronne française et de la Compagnie des îles d’Amérique, en 1635, dans le but d’évangéliser les indigènes. Les amérindiens seront quasiment exterminés sur les deux îles. Les premiers esclaves d’Afrique sont importés dès 1640. L’explosion de la traite négrière et du commerce triangulaire n’a lieu qu’à partir de 1680 avec l’abolition du monopole de la Compagnie des Indes occidentales (1671) et la publication du Code noir (1685) par Louis XIV. En 1680, le Roi précipite l’histoire de la culture des plantes sucrières en donnant terres et titres de noblesse à tout planteur qui installe sur ses terres plus de cent esclaves. La traite négrière prend alors son essor. La Métropole s’enrichit. Une société opulente, très hiérarchisée, s’organise. Suite à la Révolution française de 1789, la convention abolit l’esclavage en 1794. La Martinique ne connaîtra pas l’effet de cette abolition. En effet, les colons des deux îles signent un traité avec les britanniques et leur livrent les îles. Cependant, en Guadeloupe, aura lieu un soulèvement populaire contre les troupes britanniques qui quittent complètement l’île. Le pacte durera jusqu’en 1802, en Martinique. Des révoltes menées par les populations métisses, mulâtresses et noires éclatent en Guadeloupe et en Haïti, également colonie française. En 1802, Napoléon Bonaparte rétablit l’esclavage et la France reprend le contrôle de la Martinique et de la Guadeloupe après de violents affrontements en Guadeloupe. La révolution noire haïtienne vaincra, au prix d’un lourd tribut. La première république noire libre du monde naît alors le 1er janvier 1804.

La seconde abolition, plus connue aujourd’hui, n’aura lieu qu’en 1848, sur proposition de Victor Schœlcher. Elle sera appliquée sur l’ensemble des colonies françaises. Commence alors une ère d’immigration de travailleurs africains, chinois et indiens, populations encore présentes dans ces îles.

L’agriculture reste l’activité principale des îles avec des plantations de café, de manioc, de cacao, de vanille et bien sûr de canne à sucre. L’économie locale se développe petit à petit. Les écoles se créent ainsi que les premières infrastructures modernes (routes, ponts…). Les anciens esclaves et leurs descendants prennent part à la vie politique et sociale. En 1902, en Martinique, la capitale Saint-Pierre est entièrement détruite par l’éruption du Volcan de la Montagne Pelée. La nouvelle capitale administrative et économique sera Fort-de-France.

Durant la seconde guerre mondiale, l’Amiral Georges Robert, représentant du Régime de Vichy aux Antilles, impose un blocus, un régime de rigueur et de répression sur les deux îles. En 1945, la situation est misérable. Aimé Césaire est élu maire de Fort-de-France puis député la même année. En 1946, la loi sur la départementalisation est votée. La Martinique et la Guadeloupe deviennent des départements d’outremer tout comme la Guyane et la Réunion. Les citoyens de ces anciennes colonies deviennent des citoyens français à part entière (assimilation). Aimé Césaire, qui est rapporteur de cette loi, y voit une réparation pour des siècles d’esclavage. L’accès à ce statut devrait permettre l’égalité de tous les citoyens français dans le cadre de la République. Les Antillais espèrent alors une amélioration de leur quotidien. Les Antilles vivent une période de mutation, avec la création de nombreux services administratifs, le début de la culture intensive de la banane, une explosion démographique. Mais le développement économique tant attendu n’aura pas lieu.

Avec la décolonisation des pays d’Afrique et de la Caraïbe au début des années 60, les premières revendications nationalistes apparaissent (Groupe d’Organisation Nationale de la Guadeloupe et Organisation de la Jeunesse Anticolonialiste de la Martinique). En 1967, des émeutes durement réprimées ont lieu en Guadeloupe. Une grève des ouvriers est organisée pour demander la revalorisation des salaires. Les négociations n’aboutissent pas. Le mouvement dégénère. Les CRS ont ordre de faire feu sur la population dans les rues de Point-à-Pitre. Le nombre exact de morts resta longtemps secret, ce n’est qu’en 1985 qu’on découvrit qu’il y eut au moins 87 tués. En Martinique, en 1974, suite à un mouvement de grève, des ouvriers agricoles martiniquais du secteur de la banane sont fortement réprimés. Ils tombent dans une embuscade tendue par les forces armées. On déplore alors de nombreux blessés par balle. La répression fera deux morts.

En 1983, la Martinique et la Guadeloupe deviennent des régions françaises tout en demeurant des départements. L’économie antillaise restera une économie sous tutelle, dominée par les services (principalement non marchands) et le commerce, avec des situations oligopolistiques, traces de l’économie coloniale. Elle est fortement aidée par l’Etat via les avantages fiscaux et les subventions. Les marchés sont protégés par des taxes à l’importation (octroi de mer). Le chômage y est endémique avec un taux supérieur à 20%. Bref, l’émancipation économique n’aura jamais lieu. Les tensions et les mouvements sociaux s’accumulent. En Février 2009, les Antilles vivront une crise sans précédent avec une grève générale durant tout le mois de février.

Situation économique actuelle

Agriculture

L’agriculture est à la base du développement économique des Antilles française avec la mise en place des plantations de canne à sucre dès le 17ème siècle. Production destinée à l’exportation, la canne à sucre dominera l’économie de ces territoires jusqu’à la seconde moitié du 20ème siècle, époque où la surface cannière et le nombre d’entreprises sucrières et de distilleries ont considérablement régressé. La banane est cultivée au début du 20ème siècle et devient la première culture d’exportation à partir des années 50. Depuis quelques années, cette culture souffre de la concurrence des pays d’Amérique centrale. Elle survit, principalement, grâce aux subventions nationales et européennes et aux avantages fiscaux et douaniers.

En Martinique, aujourd’hui, la banane représente 56% de la production agricole (152 millions d’euros) pour 22% de la Surface Agricole Utilisée (SAU) du département et 147 141 tonnes à l’export. La production de canne à sucre reste, toute fois, importante avec 16% de la SAU et 5% de la production agricole. Le rhum bénéficie d’une AOC qui contribue à une meilleure valorisation économique du produit. Une seule sucrerie produit environ la moitié de la consommation de sucre de la Martinique. 8 distilleries sont encore en activité. La diversification se porte essentiellement sur l’élevage et les légumes. Cependant, le cheptel de l’île n’assure qu’une part très faible de l’approvisionnement en viande (23% de la consommation pour les bovins et 3,5% pour les ovins) et la production de fruits et légumes est essentiellement destinée au marché local. Seul le melon est en partie exporté. Le secteur agricole est globalement en déclin, il ne représente plus que 4% de la valeur ajoutée totale du département, soit 279 millions d’euros. En 20 ans, la SAU a diminué de 30%. Près de 800 à 1000 ha par an sont détournés de l’usage agricole pour les besoins de l’urbanisation. Le secteur reste, pour autant, la première activité économique de l’île avec 11 035 emplois en 2007.

En Guadeloupe, la production de la banane et la filière canne-sucre-rhum sont également les principales cultures. La banane reste le premier produit d’exportation en volume. La production récoltée en 2007 de 40 181 tonnes traduit une baisse de production due notamment aux dégâts occasionnés par le cyclone Dean, mais aussi à la baisse continue de la production depuis plusieurs années (réduction des surfaces exploitées de 2 340 hectares en 2007). La culture de la canne à sucre représente la deuxième activité agricole. Le sucre est la seconde production locale. La diversification est plus notable, notamment dans la production de fruits avec l’ananas et le fruit de la passion (8 millions d’euros), le melon (8 millions d’euros), les agrumes (6 millions d’euros) et les autres fruits frais (7 millions d’euros). A titre de comparaison, l’ensemble de la production de fruits hors banane en Martinique s’élève à 10 millions d’euros en 2008. La Guadeloupe exportait, en 2008, 82 979 tonnes de produits agro-alimentaires hors banane, la Martinique n’en exportait que 35 067 tonnes.

Les quantités de produits agro-alimentaires importés sont importantes sur les deux îles et rendent fortement déficitaire la balance des échanges commerciaux avec 281 887 tonnes pour la Guadeloupe et 283 056 tonnes pour la Martinique.

Ces chiffres traduisent une forte dépendance vis-à-vis de l’extérieur. En effet, du fait des limites des surfaces agricoles, la Guadeloupe et la Martinique ne peuvent couvrir la totalité de leurs besoins et sont donc contraints de s’approvisionner à l’extérieur. Cette dépendance à l’extérieur expose ces régions aux fluctuations que subissent les marchés agricoles internationaux. Elle caractérise également une faible diversité des partenaires à l’échange. Plus de 70% des échanges sont réalisés avec des territoires européens (France, Royaume-Uni, Allemagne, Espagne, Italie). Le principal fournisseur est, bien sûr, la France avec près de 60% des échanges sur les deux îles. La Martinique ne réalise que 21,8% de ces exportations vers la France en 2006, 32,9% des exportations étant vers la Guadeloupe grâce notamment au poids des exports de produits pétroliers. La Guadeloupe, quant à elle, réalise 54.9% de ces exportations vers la France et 30,7 % avec la Martinique.

Industrie et Construction

L’industrie est le troisième secteur économique sur ces territoires. En effet, la structuration du tissu économique antillais diffère de la Métropole avec un poids de l’industrie bien inférieur. Elle regroupe huit secteurs d’activités : l’agroalimentaire, l’ameublement, les bateaux et accessoires pour autos, la Chimie et Matières plastiques, l’Energie, l’imprimerie/papier/bois, les matériaux de construction et le travail des métaux. En Martinique, elle réalise 8 % de la valeur ajoutée brute soit 518 millions d’euros et emploie 7,8% de la population active. En Guadeloupe, le secteur industriel représentait 5,4 % de la valeur ajoutée totale du département en 2006 (contre 6,5 % en 1993) et 6,9 % des emplois. Sur les deux îles, les entreprises sont souvent des entreprises familiales et de petites tailles .En 2005, en Martinique, 95 % d’entre elles ont moins de 20 salariés et 89 % des entreprises ont moins de 10 salariés. Seules 17 entreprises en comptent plus de 50 en 2005. Cette répartition des entreprises en fonction du nombre de salariés correpond à la répartition nationale, avec une forte prédominance d’entreprise artisanales ou familiales.

La grande différence avec le modèle français se dessine au niveau de la répartition de la valeur ajoutée du secteur secondaire entre les différents sous-secteurs. En effet, en France, le sous-secteur générant la plus grand part de la valeur ajoutée industrielle est l’industrie manufacturière (biens de consommation, biens d’équipement, biens intermédiaire) avec une prédominance des biens intermédiaires.

Nous pouvons voir sur ces deux graphiques que le sous-secteur de la construction est majoritaire dans cette répartition de la valeur ajoutée sur les deux îles. Il y a plusieurs facteurs expliquant cette prédominance du secteur de la construction. Le premier est, bien sûr, l’urbanisation importante et l’explosion du marché du foncier (augmentation des prix et fortes demandes). Ces évolutions sont à mettre en relation avec l’effet produit par la loi « Pons », mesure d’incitation à l’investissement appelée plus communément « Défiscalisation ». Ce régime d’aide fiscale en faveur des investissements productifs réalisés dans les départements et territoires d’outre-mer autorise les entreprises à déduire de leur revenu imposable le montant total des investissements réalisés dans les secteurs concernés. Les entreprises profitent de cette réduction pour une durée de dix ans. Le secteur de la construction est également porté par la commande publique et le développement des logements sociaux. Les encours des bailleurs sociaux s’est établi à 902,3 millions d’euros en 2005, soit le quart des crédits bancaires totaux distribués aux entreprises martiniquaises.
Cette répartition s’explique également par la faible forme du secteur agricole et de l’Industrie agroalimentaire, qui reste une tendance nationale mais qui prend une toute autre importance dans une économie n’ayant pas vécu la transition industrielle. En effet, et c’est également le dernier point, l’industrie antillaise est, depuis l’ère coloniale, une industrie structurée pour le secteur agricole et n’a jamais muté de façon radicale. L’évolution se fait donc doucement. On note cependant que l’industrie agroalimentaire ne produit qu’une petite part de la valeur ajoutée, avec des variations en forte baisse en Guadeloupe (-7% en 2006) ou en faible augmentation en Martinique (+2 % en 2006). Les sous-secteurs de l’industrie manufacturière (+8% en Martinique et Guadeloupe en 2006), de l’énergie (+23 en Guadeloupe en 2006) et de la construction (+20% en Guadeloupe en 2006) sont les secteurs porteurs. Cependant, malgré leurs faibles apports de richesse, les entreprises de l’agroalimentaire restent puissantes puisqu’elles réalisent à elles-seules 56 % des investissements industriels en Guadeloupe et 70 % en Martinique ce qui tend donc à supporter le sous-secteur et à ralentir les transferts vers les autres sous-secteurs ainsi que leur développement.

Le sous-secteur de l’Energie tire son épingle du jeu en Martinique grâce à la présence de la seule raffinerie de produit pétrolier de l’Outremer. En 2008, La Société Anonyme de la Raffinerie des Antilles (SARA) a raffiné 99,7 % des 591 194 tonnes métriques d’hydrocarbures (essence, gazole, kérosène, fioul, gaz) consommées en Martinique, et a importé le solde (le pétrole brut est importé d’Europe du Nord). La SARA approvisionne également la Guadeloupe et la Guyane. En situation de monopole de fait, elle est régie par le statut d’opérateur privé soumis à des contraintes de service public. Les prix des produits pétroliers sont administrés et la SARA définit en concertation avec la Préfecture et la Direction régionale de la Consommation, de la Concurrence et de la Répression des Fraudes (DRCCRF) un niveau de marge annuel.

Commerce, Services, Tourisme et Transports

Le secteur tertiaire est le secteur qui génère le plus de richesse sur les deux îles et de loin. Si le secteur industriel a pris du retard, l’explosion du commerce et des services ne s’est pas fait attendre aux Antilles. Les services généraient, en 2006, 69 % de la valeur ajoutée totale en Guadeloupe en augmentation de 4,6%. En Martinique, durant la même année, le secteur générait 72% de la valeur ajoutée totale en augmentation de 9,4%. Sur l’ensemble de la France, le secteur des services représentait 63% de la valeur ajoutée brute en augmentation de 5,5%.

Les différences notables se situent également au niveau de la répartition entre services marchands et services non marchands. On note effectivement que l’économie est soutenue, sur ce secteur également, via les services fournis par les administrations publiques. Là où ce sous-secteur ne réalise que 28% de la valeur ajoutée du secteur tertiaire, en moyenne en France, en Martinique et en Guadeloupe les services non marchands réalisent respectivement 39% et 37% de part de valeur ajoutée. C’est également le secteur qui emploie le plus, en Martinique, avec 52 000 emplois en 2006 (dont 34 852 emplois publics). En Guadeloupe, il est légèrement devancé par le secteur des services marchands avec 48 956 emplois (dont 36 300 emplois publics).

Tourisme

La Martinique et la Guadeloupe sont situées en plein cœur de l’arc antillais. Ces deux îles ont bénéficié d’une politique active d’aide au tourisme menée par la métropole qui a permis de dynamiser les investissements dans le secteur hôtelier et nautique. Cette infrastructure a permis de développer un tourisme tournée vers une clientèle essentiellement française. Le tourisme a connu un développement remarquable entre 1980 et 2000. Ce développement a permis d’atteindre une fréquentation de 500 000 touristes par an en Martinique. Aujourd’hui, le tourisme dans les Antilles française connait une grave crise qui est le résultat de performances économiques globalement moroses au niveau de la métropole qui conduisent les ménages à sacrifier les dépenses de voyages et au redéploiement des flux touristiques vers des destinations voisines émergentes (République Dominicaine, Cuba…). Le volume de l’hébergement hôtelier enregistre un recul régulier. En Guadeloupe, L’offre en chambres diminue chaque année : – 8% en 2006, -12% en 2007 et -8% en 2008. Ces pertes cumulées représentent au final un déficit de l’offre de plus de 1000 chambres. En 2008, l’hôtellerie perd 20% de sa clientèle, les nuitées chutent de 26% et la durée moyenne du séjour passe de 3,5 à 3,2 jours. En Martinique, en 2007, l’hôtellerie homologuée a accueilli 379 000 clients contre 413 000 en 2006 soit une perte de 8,2 %. En 2007 et 2008, l’offre en chambre a diminué de 4,9 %.

Transports

La manière dont un territoire est relié à son environnement extérieur conditionne fortement sa situation économique. Elle influe sur la disponibilité des facteurs de production et détermine l’accès aux marchés ainsi que les conditions de distributions des produits. La compétitivité des entreprises implantés sur ce territoire est donc tributaire, au moins en partie, des moyens de transports disponibles.

Or, en comparaison à des territoires continentaux, les écarts de coût et de durée du transport sont très importants. Les temps de navigation entre la métropole et les ports antillais sont au minimum de 12 jours. Ces temps de transport élevés constituent logiquement une gêne et donc un coût pour les divers acteurs économiques. Le coût de transport cargo moyen dans la Caraïbe est environ sept fois plus élevé que dans des pays comme le Brésil, le Canada, et les Etats-Unis. L’importance de ce coût n’est pas uniquement fonction de la distance à parcourir. Cela vient, également, de la faible concurrence sur le marché, du fait que les deux modes de transport les plus économique sont les moins adaptés au terrain caribéen (réseaux ferré et routier) et enfin de l’impossibilité de réaliser des économies d’échelles en raison des faibles volumes déplacés et déplaçables par avion et bateau. Le ratio coût de transport/valeur des exportations est de 30% dans la Caraïbe tandis qu’il est inférieur à 4% dans les quatre pays cités précédemment. De plus, en ce qui concerne l’équilibre directionnel des flux, les Antilles réalisent un volume d’importation beaucoup plus élevé que celui des exportations. De fait, les services maritimes assurés à destination du continent européen sont pénalisés par un taux de chargement réduit même si, dans le cas de la Martinique, les exportations de bananes permettent de compenser quelque peu cette faiblesse.

La majeure partie du trafic de marchandises se fait par mer. En Guadeloupe, en 2008, 1370 navires ont fait escale, un chiffre en progression de 10% depuis 2006. Avec 3 582 000 tonnes brutes de marchandises, le port autonome de la Guadeloupe enregistre son plus haut niveau d’échanges jamais atteint depuis sa création. Les exportations représentent 20% des échanges, en baisse de 2% par rapport à 2007. Les flux sortants de produits pétroliers ont diminué de moitié. Les flux sortants de denrées alimentaires et fourrages ont enregistré une baisse de 10%. En ce qui concerne les flux entrants, les produits métallurgiques ainsi que les minéraux bruts ou manufacturés et matériaux de construction progressent tous deux de 26%. En Martinique, les navires marchands ont effectué 742 escales à Fort-de-France, soit 11% de moins par rapport à l’année précédente. Ils ont débarqué 26 000 conteneurs pleins, contre 28 000 en 2007. Le flux entrant enregistre une baisse notable de 13%, alors que le flux sortant progresse de 6%. Le volume de marchandises transportées est en recul.

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