Rétrospectives

Ça avait bien commencé pourtant !

L’arrivée de l’Internet dans l’outre-mer (en tout cas pour ce que je sais de son arrivée en Martinique) avait quelque chose de prometteur. Très vite une génération entière s’est appropriée ce nouveau moyen de communication et la demande n’a fait qu’augmenter.

<<< 1ère partie :  Etats des lieux

Au début, il n’y avait que l’opérateur historique, France Télécom, qui a, dans les premières années, mené une vrai politique de développement de l’accès Internet passant avec succès du RTC à l’ADSL, avec à l’époque une offre 512 kbps qui tenait relativement ses engagements en terme de qualité.

La concurrence s’est petit à petit organisée avec notamment, le câble et d’autres opérateurs alternatifs proposant de l’ADSL.

Mais très vite, les choses se sont compliquées, car, comme vous le savez certainement, l’ensemble du trafic Internet outre-mer rejoint l’Internet mondial par le biais de câbles sous-marins qui n’avaient pas été prévus pour supporter la montée en trafic qui avaient alors lieu. D’ailleurs, personne n’aurait pu prévoir à l’avance, l’ampleur du développement d’Internet.

Et c’est donc là que sont apparues les très innovantes offres ADSL limitées ! Pour plus cher qu’en métropole, vous aviez désormais droit à une offre avec un téléchargement limité à quelques Go par mois.

Mais cela, n’a clairement pas suffi à réduire l’engouement des populations pour ce nouveau média et avec en plus le changement des usages vers des contenus plus lourds (téléchargements, streaming vidéo) la saturation devenait inévitable. Il en est d’ailleurs de même sur l’ensemble du territoire français, mais dans une toute autre mesure, le débit moyen d’accès à Internet est globalement en baisse.

Dans le cas de l’outre-mer, il s’agissait d’éviter un blocage pur et simple de l’accès à Internet.

Des moyens pour éviter la saturation

Principaux câbles sous-marins desservant l’Outre-mer (source France Télécom)

Principaux câbles sous-marins desservant l’Outre-mer : zone Antilles-Guyane (source France Télécom)

Rapidement des concertations se sont mises en place au sein et entre les différentes collectivités (particulièrement les conseils régionaux) et ont abouti à la mise en oeuvre de Délégations de Service Public (DSP).

La DSP permet à une collectivité de confier la gestion d’un service public à une société ou un groupement de société. Ici, il s’agissait donc de déployer et d’exploiter de nouveaux câbles sous-marins afin d’augmenter la capacité de l’accès Internet ou encore de développer l’accès à Internet sur l’ensemble des territoires.

Avant ces interventions publiques, il existait deux câbles desservant  la zone Antilles-Guyane : le câble Americas II reliant la Floride à Porto Rico et les Iles Vierges, la Guyane et la Martinique, et le câble ECFS reliant les Iles à Vierges à la Guadeloupe et à la Martinique. Sur la zone Réunion-Mayotte, deux câbles relient la Réunion, l’Afrique, l’Inde et l’Europe notamment. Sur l’ensemble de ces câbles, France Télécom est membre du consortium exploitant et est le seul opérateur présent sur les stations d’atterrissement des câbles en Martinique, en Guadeloupe, en Guyane et à la Réunion. Les opérateurs alternatifs présents sur ces marchés étaient donc obligés de se raccorder à France Télécom et d’acheter leurs services d’interconnexion.

Depuis de nombreux projets ont été réalisés ou sont en cours de réalisation.

En Guadeloupe, suite à une procédure d’appel d’offre initiée par la Région, la société Global Caribbean Network (GCN) filiale du groupe Loret et le Conseil Régional ont signé au mois de novembre 2004 un contrat de Délégation de Service Public pour la fourniture, la pose et exploitation d’un câble sous marin reliant la Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélemy à Porto Rico. Le coût du projet s’élève à 21,9 millions d’euros avec 31% de fonds provenant de la Région, 42% de l’Union Européenne et 25% provenant du groupe Loret.

Principaux câbles sous-marins desservant l’Outre-mer : zone Réunion-Mayotte

Principaux câbles sous-marins desservant l’Outre-mer : zone Réunion-Mayotte

En Martinique, la Région Martinique met en place un projet en deux volets. Le premier volet consiste à soutenir l’initiative de la société Middle Carribean Network (MCN) filiale du groupe Loret, dont le câble sous-marin relie la Martinique et la Dominique à la Guadeloupe, elle même relié à l’Internet mondiale via le câble GCN. La part de financement public du câble MCN est de 50%. Dans le second volet, le groupement Martinique Numérique géré par les sociétés Sogetrel, LDC Collectivités (filiale de SFR) et Mediaserv (filiale du groupe Loret) a en charge la construction et l’exploitation d’un réseau de collecte haut débit (réseau de fibre optique à l’intérieur du territoire).

En Guyane, la Région s’engage dans la réalisation d’un réseau haut débit sur l’ensemble du territoire. La réalisation et l’exploitation du réseau sont confiées en DSP à la société Guyane Numérique, constituée du groupe Loret via sa filiale Mediaserv et de la société Sogetrel. Le coût du projet s’élève à 15 millions d’euros avec 72% de fonds publics.

De même, à la Réunion, le groupement Réunion Numérique issu de la DSP du Conseil Régional local porte le projet d’un réseau de collecte haut débit dénomé Gazelle. Les actionnaires de ce projet sont  les sociétés Sogetrel, LDC Collectivités (filiale de SFR) et de nouveau le groupe Loret via sa filiale Mediaserv . De plus, France Télécom a déployé en 2009, en dehors du cadre d’une intervention public, le câble LION 1 et 2 qui relie la Réunion au Kenya.

3ème partie : Triste dérive >>>

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